Italie: l'opération charme de Couillard n’est pas perçue de façon uniforme

Publié le 25 janvier 2016

Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard.

©La Presse Canadienne

MILAN. L'opération charme du premier ministre Philippe Couillard en Italie n'a pas été perçue de façon uniforme par les quelque 40 personnes issues du milieu des affaires venues l'entendre lundi à Milan, où se terminait sa mission économique.

Invité par une section régionale de la Confindustria – un regroupement national d'entreprises manufacturières – le premier ministre était notamment venu vendre son Plan Nord ainsi que sa Stratégie maritime, en plus de tenir diverses rencontres à saveur économique.

Dans une salle pouvant accueillir une soixantaine de personnes, il a entre autres mis l'accent sur les quelque 50 milliards $ d'investissements prévus d'ici 2035 dans le Nord du Québec en plus d'expliquer sa stratégie visant à axer l'économie québécoise autour de la «décarbonisation».

Bien qu'il se soit dit «très intéressé» par le Plan Nord, Gianni Chiarva, le vice-président du conseil de Stella-Jones International S.A., l'actionnaire de contrôle de la société québécoise Stella-Jones, spécialisée dans les traverses de chemin de fer ainsi que les produits en bois traité sous pression, a affirmé qu'il n'y avait «rien de neuf pour lui» pour le moment.

M. Chiarva est un habitué du Québec, puisqu'il y séjourne habituellement environ 10 semaines par année.

Questionné par les journalistes, l'homme d'affaires s'est également demandé qui allait financer les quelque 50 milliards $ d'investissements prévus par le gouvernement Couillard dans le Nord du Québec d'ici 2035.

Un peu plus tard, M. Couillard a remis sur la table l'argument selon lequel il fallait investir dans les infrastructures de cette région de la province pendant que les prix sont bas, afin que le Québec soit prêt lorsque le cours des métaux remontera.

Il a également jeté une partie du blâme sur le gouvernement péquiste précédent, affirmant que cette période de 18 mois avait freiné la vente du Plan Nord aux investisseurs étrangers, rejetant au passage l'idée que cet argument est de plus en plus désuet puisque les libéraux auront bientôt complété la moitié de leur mandat au pouvoir.

«C'est un immense recul, a dit M. Couillard. Pour les gens, c'était fini (le Plan Nord). Pour repartir la machine, c'est toute une entreprise, surtout dans le contexte économique mondial.»

La sortie de M. Chiarva n'est pas passée inaperçue auprès de la délégation pilotée par le premier ministre, puisqu'elle a incité le président-directeur général de la Société du Plan Nord, Robert Sauvé, à appeler ce dernier afin d'apaiser ses craintes, a-t-on appris.

Plus tard, par courriel, l'homme d'affaires a précisé qu'il tenait à remercier M. Couillard pour sa présence en Italie, espérant le rencontrer de nouveau prochainement.

Par ailleurs, une représentante de e-Geos, une société qui offre des services de radar satellite destinés à l'observation, a exprimé un certain questionnement à l'égard de la politique de décarbonisation du gouvernement Couillard, même si, à son avis, l'objectif est louable.

«Je ne suis pas certaine que cela fonctionnera puisque le prix du baril de pétrole est à des prix plancher, a dit la responsable du développement des affaires de l'entreprise, Donatella Giampaolo. Je ne suis pas certaine que la situation actuelle va inciter les entreprises à investir dans de nouvelles technologies.»

Au cours de son allocution – prononcée dans la langue de Molière et traduite en italien – M. Couillard s'est affairé à vanter les échanges commerciaux entre le Québec et l'Italie, qui figure parmi les 10 plus importants partenaires économiques de la province.

La Presse Canadienne

En manchette

Les restaurateurs et tenanciers craignent les impacts

Dès demain ( 26 mai), les fumeurs ne pourront plus griller une cigarette sur les terrasses partout en province. Si les tenanciers et restaurateurs approuvent ce choix pour la santé publique, ils craignent également un impact important sur leur clientèle.

Entrepreneur coupable de fraude : 120 heures de travaux communautaires

L'entrepreneur de Saint-Césaire Stéphane Roberge a été condamné à effectuer 120 heures de travaux communautaires et sera sous probation pendant deux ans. Il devra aussi rembourser la quincaillerie BMR de Chambly pour deux de quatre transactions frauduleuses réalisées en 2011.

Italie: l'opération charme de Couillard n’est pas perçue de façon uniforme

Publié le 25 janvier 2016

Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard.

©La Presse Canadienne


MILAN. L'opération charme du premier ministre Philippe Couillard en Italie n'a pas été perçue de façon uniforme par les quelque 40 personnes issues du milieu des affaires venues l'entendre lundi à Milan, où se terminait sa mission économique.

Invité par une section régionale de la Confindustria – un regroupement national d'entreprises manufacturières – le premier ministre était notamment venu vendre son Plan Nord ainsi que sa Stratégie maritime, en plus de tenir diverses rencontres à saveur économique.

Dans une salle pouvant accueillir une soixantaine de personnes, il a entre autres mis l'accent sur les quelque 50 milliards $ d'investissements prévus d'ici 2035 dans le Nord du Québec en plus d'expliquer sa stratégie visant à axer l'économie québécoise autour de la «décarbonisation».

Bien qu'il se soit dit «très intéressé» par le Plan Nord, Gianni Chiarva, le vice-président du conseil de Stella-Jones International S.A., l'actionnaire de contrôle de la société québécoise Stella-Jones, spécialisée dans les traverses de chemin de fer ainsi que les produits en bois traité sous pression, a affirmé qu'il n'y avait «rien de neuf pour lui» pour le moment.

M. Chiarva est un habitué du Québec, puisqu'il y séjourne habituellement environ 10 semaines par année.

Questionné par les journalistes, l'homme d'affaires s'est également demandé qui allait financer les quelque 50 milliards $ d'investissements prévus par le gouvernement Couillard dans le Nord du Québec d'ici 2035.

Un peu plus tard, M. Couillard a remis sur la table l'argument selon lequel il fallait investir dans les infrastructures de cette région de la province pendant que les prix sont bas, afin que le Québec soit prêt lorsque le cours des métaux remontera.

Il a également jeté une partie du blâme sur le gouvernement péquiste précédent, affirmant que cette période de 18 mois avait freiné la vente du Plan Nord aux investisseurs étrangers, rejetant au passage l'idée que cet argument est de plus en plus désuet puisque les libéraux auront bientôt complété la moitié de leur mandat au pouvoir.

«C'est un immense recul, a dit M. Couillard. Pour les gens, c'était fini (le Plan Nord). Pour repartir la machine, c'est toute une entreprise, surtout dans le contexte économique mondial.»

La sortie de M. Chiarva n'est pas passée inaperçue auprès de la délégation pilotée par le premier ministre, puisqu'elle a incité le président-directeur général de la Société du Plan Nord, Robert Sauvé, à appeler ce dernier afin d'apaiser ses craintes, a-t-on appris.

Plus tard, par courriel, l'homme d'affaires a précisé qu'il tenait à remercier M. Couillard pour sa présence en Italie, espérant le rencontrer de nouveau prochainement.

Par ailleurs, une représentante de e-Geos, une société qui offre des services de radar satellite destinés à l'observation, a exprimé un certain questionnement à l'égard de la politique de décarbonisation du gouvernement Couillard, même si, à son avis, l'objectif est louable.

«Je ne suis pas certaine que cela fonctionnera puisque le prix du baril de pétrole est à des prix plancher, a dit la responsable du développement des affaires de l'entreprise, Donatella Giampaolo. Je ne suis pas certaine que la situation actuelle va inciter les entreprises à investir dans de nouvelles technologies.»

Au cours de son allocution – prononcée dans la langue de Molière et traduite en italien – M. Couillard s'est affairé à vanter les échanges commerciaux entre le Québec et l'Italie, qui figure parmi les 10 plus importants partenaires économiques de la province.

La Presse Canadienne