L'enquête sur les femmes autochtones est lancée

Publié le 8 décembre 2015

La ministre des Affaires autochtones, Carolyn Bennett, la ministre de la Justice, Jody Wilson-Raybould, et la ministre de la Condition féminine, Patricia Hajdu.

©La Presse Canadienne

OTTAWA. Le gouvernement de Justin Trudeau a planté mardi le premier jalon de l’enquête publique sur les femmes autochtones assassinées et disparues, en annonçant qu’il entamait la conversation avec les familles touchées.

Cette première phase consultative servira à déterminer quelle forme devrait prendre l’enquête réclamée depuis tant d’années par de nombreuses communautés.

Rassemblés dans le foyer de la Chambre des communes pour entendre les détails de l’annonce, de nombreux proches de ces femmes au destin tragique essuyaient des larmes. Pour eux, il s’agit d’un premier pas vers la guérison.

«Nos femmes, elles sont aimées. Ce ne sont pas juste des gens qu’on peut jeter. Elles nous manquent à chaque jour», a confié Bernadette Smith, de Winnipeg, dont la sœur est portée disparue depuis 2008.

L’enquête qui s’annonce remuera des émotions, mais le processus est nécessaire. «Ça va être émotif. Ils rouvrent de vieilles plaies. C’est difficile quand vous n’avez pas de réponse», a-t-elle concédé.

La ministre de la Justice, Jody Wilson-Raybould, a indiqué que le gouvernement consulterait les familles des victimes dans les prochaines semaines. Le but est de recueillir leurs commentaires sur les objectifs que devrait avoir l’enquête sur les quelque 1200 femmes et filles disparues ou assassinées au Canada.

Cette première étape prendra «autant de temps» qu’il faudra pour s’assurer qu’elle est effectuée correctement, a signalé à ses côtés la ministre des Affaires autochtones, Carolyn Bennett, également flanquée de la ministre de la Condition féminine, Patty Hajdu.

Les trois ministres prendront la route dès la semaine prochaine pour s’entretenir avec des familles éprouvées.

Cette enquête ne pourra pas réparer ce qui s’est passé, elle aidera à trouver des solutions pour l’avenir, selon la ministre Wilson-Raybould, ajoutant que le Canada «pouvait et devait faire mieux» sur ce front.

«Avec la première phase, nous allons mener des consultations sur la meilleure conception possible pour l’enquête, a renchéri Mme Bennett. L’enquête elle-même vise à trouver des actions concrètes pour mettre fin à cette tragédie nationale.»

Les frais encourus durant cette première phase seront assurés par les budgets des trois ministères. Pour la suite, M. Trudeau avait évoqué en campagne électorale la somme de 40 M$ sur deux ans pour mener à bien l’exercice.

De façon générale, les groupes autochtones ont salué d’une même voix l’initiative.

«Je pense que pour les familles à travers le pays, aujourd’hui marque un jour d’espoir que nous n’avions pas cinq ou six semaines plus tôt», a soutenu la conseillère spéciale auprès du gouvernement du Manitoba sur cet enjeu, Nahanni Fontaine.

La Presse Canadienne

En manchette

Jeune recrue de 59 ans pilote de course

SPORT. Il n’y a pas d’âge pour réaliser ses rêves. Raymond Guay en est la preuve. Âgé de 59 ans, l’homme d’affaires et résident de Sainte-Julie a participé il y a deux semaines à la 47e édition du Grand Prix de Trois-Rivières (GPR3). Il a terminé la course en 12e position et avec une bonne dose d’émotions fortes.

5,3 M $ pour rendre 130 autobus «intelligents»

Les autobus intelligents viennent de faire leur arrivée dans une dizaine de villes de la Rive-Sud. Une flotte de 130 véhicules équipés du système d’exploitation Rythmo permet aux usagers de connaître, en temps réel, le déplacement des autobus via une application mobile pour téléphones intelligents.

L'enquête sur les femmes autochtones est lancée

Publié le 8 décembre 2015

La ministre des Affaires autochtones, Carolyn Bennett, la ministre de la Justice, Jody Wilson-Raybould, et la ministre de la Condition féminine, Patricia Hajdu.

©La Presse Canadienne


OTTAWA. Le gouvernement de Justin Trudeau a planté mardi le premier jalon de l’enquête publique sur les femmes autochtones assassinées et disparues, en annonçant qu’il entamait la conversation avec les familles touchées.

Cette première phase consultative servira à déterminer quelle forme devrait prendre l’enquête réclamée depuis tant d’années par de nombreuses communautés.

Rassemblés dans le foyer de la Chambre des communes pour entendre les détails de l’annonce, de nombreux proches de ces femmes au destin tragique essuyaient des larmes. Pour eux, il s’agit d’un premier pas vers la guérison.

«Nos femmes, elles sont aimées. Ce ne sont pas juste des gens qu’on peut jeter. Elles nous manquent à chaque jour», a confié Bernadette Smith, de Winnipeg, dont la sœur est portée disparue depuis 2008.

L’enquête qui s’annonce remuera des émotions, mais le processus est nécessaire. «Ça va être émotif. Ils rouvrent de vieilles plaies. C’est difficile quand vous n’avez pas de réponse», a-t-elle concédé.

La ministre de la Justice, Jody Wilson-Raybould, a indiqué que le gouvernement consulterait les familles des victimes dans les prochaines semaines. Le but est de recueillir leurs commentaires sur les objectifs que devrait avoir l’enquête sur les quelque 1200 femmes et filles disparues ou assassinées au Canada.

Cette première étape prendra «autant de temps» qu’il faudra pour s’assurer qu’elle est effectuée correctement, a signalé à ses côtés la ministre des Affaires autochtones, Carolyn Bennett, également flanquée de la ministre de la Condition féminine, Patty Hajdu.

Les trois ministres prendront la route dès la semaine prochaine pour s’entretenir avec des familles éprouvées.

Cette enquête ne pourra pas réparer ce qui s’est passé, elle aidera à trouver des solutions pour l’avenir, selon la ministre Wilson-Raybould, ajoutant que le Canada «pouvait et devait faire mieux» sur ce front.

«Avec la première phase, nous allons mener des consultations sur la meilleure conception possible pour l’enquête, a renchéri Mme Bennett. L’enquête elle-même vise à trouver des actions concrètes pour mettre fin à cette tragédie nationale.»

Les frais encourus durant cette première phase seront assurés par les budgets des trois ministères. Pour la suite, M. Trudeau avait évoqué en campagne électorale la somme de 40 M$ sur deux ans pour mener à bien l’exercice.

De façon générale, les groupes autochtones ont salué d’une même voix l’initiative.

«Je pense que pour les familles à travers le pays, aujourd’hui marque un jour d’espoir que nous n’avions pas cinq ou six semaines plus tôt», a soutenu la conseillère spéciale auprès du gouvernement du Manitoba sur cet enjeu, Nahanni Fontaine.

La Presse Canadienne