Pensionnats autochtones: la Commission publie son rapport final

Publié le 15 décembre 2015

Le juge Murray Sinclair, président de la Commission de vérité et réconciliation du Canada.

©La Presse Canadienne

OTTAWA. Les horreurs des pensionnats autochtones, un «moment tragique» de l’histoire du Canada, devront être racontées aux générations suivantes pour éviter que l’histoire se répète.

D’importants pans du volumineux rapport final de la Commission de vérité et réconciliation du Canada dévoilé mardi portent sur le devoir de mémoire.

Le juge Murray Sinclair (photo) estime que les Canadiens ne connaissent «pas grand-chose, voire rien du tout» aux pensionnats indiens, dans lesquels au moins 3200 enfants sont morts au cours du dernier siècle et plusieurs milliers ont été abusés.

«Dans cent ans, les enfants de nos enfants ainsi que leurs enfants doivent connaître et se souvenir de cette histoire, car ils hériteront de la responsabilité de veiller à ce que cela ne se reproduise pas», écrit-il.

En juin dernier, M. Sinclair avait publié dans son rapport préliminaire une liste de 94 recommandations, qui vont d’un plus grand financement pour l’éducation des Premières Nations, à une meilleure protection de leurs langues, en passant par de véritables enquêtes sur les femmes autochtones assassinées ou disparues.

En campagne électorale, le premier ministre Justin Trudeau a promis de toutes les appliquer, sans exception.

Les audiences pour ce travail colossal ont commencé en juin 2010 et se sont transportées dans pas moins de 300 communautés à travers le pays. Les témoignages de survivants ont été poignants, et M. Sinclair n’hésite pas à qualifier les petits gestes de résistance des enfants maltraités de «tout simplement héroïques».

Sur une période de 130 ans, environ 150 000 enfants autochtones, inuits ou métis ont été arrachés à leur famille, transportés parfois sur des milliers de kilomètres et obligés à fréquenter ces écoles religieuses. Le dernier pensionnat autochtone, près de Regina, a fermé en 1996.

Les survivants ont raconté avoir été battus, abusés sexuellement, affamés et négligés.

Selon le juge Sinclair, ces pensionnats constituaient un élément central de la politique de «génocide culturel» exercée par Ottawa à l’époque.

Les séquelles engendrées par cette politique et la maltraitance vécue dans ces institutions se font sentir encore aujourd’hui, signale M. Sinclair.

«Cette réalité se reflète dans les disparités importantes observées entre les peuples autochtones et les autres Canadiens sur le plan de l’éducation, du revenu, de la santé et de la vie sociale», note le commissaire.

La Presse Canadienne

En manchette

Jeune recrue de 59 ans pilote de course

SPORT. Il n’y a pas d’âge pour réaliser ses rêves. Raymond Guay en est la preuve. Âgé de 59 ans, l’homme d’affaires et résident de Sainte-Julie a participé il y a deux semaines à la 47e édition du Grand Prix de Trois-Rivières (GPR3). Il a terminé la course en 12e position et avec une bonne dose d’émotions fortes.

5,3 M $ pour rendre 130 autobus «intelligents»

Les autobus intelligents viennent de faire leur arrivée dans une dizaine de villes de la Rive-Sud. Une flotte de 130 véhicules équipés du système d’exploitation Rythmo permet aux usagers de connaître, en temps réel, le déplacement des autobus via une application mobile pour téléphones intelligents.

Pensionnats autochtones: la Commission publie son rapport final

Publié le 15 décembre 2015

Le juge Murray Sinclair, président de la Commission de vérité et réconciliation du Canada.

©La Presse Canadienne


OTTAWA. Les horreurs des pensionnats autochtones, un «moment tragique» de l’histoire du Canada, devront être racontées aux générations suivantes pour éviter que l’histoire se répète.

D’importants pans du volumineux rapport final de la Commission de vérité et réconciliation du Canada dévoilé mardi portent sur le devoir de mémoire.

Le juge Murray Sinclair (photo) estime que les Canadiens ne connaissent «pas grand-chose, voire rien du tout» aux pensionnats indiens, dans lesquels au moins 3200 enfants sont morts au cours du dernier siècle et plusieurs milliers ont été abusés.

«Dans cent ans, les enfants de nos enfants ainsi que leurs enfants doivent connaître et se souvenir de cette histoire, car ils hériteront de la responsabilité de veiller à ce que cela ne se reproduise pas», écrit-il.

En juin dernier, M. Sinclair avait publié dans son rapport préliminaire une liste de 94 recommandations, qui vont d’un plus grand financement pour l’éducation des Premières Nations, à une meilleure protection de leurs langues, en passant par de véritables enquêtes sur les femmes autochtones assassinées ou disparues.

En campagne électorale, le premier ministre Justin Trudeau a promis de toutes les appliquer, sans exception.

Les audiences pour ce travail colossal ont commencé en juin 2010 et se sont transportées dans pas moins de 300 communautés à travers le pays. Les témoignages de survivants ont été poignants, et M. Sinclair n’hésite pas à qualifier les petits gestes de résistance des enfants maltraités de «tout simplement héroïques».

Sur une période de 130 ans, environ 150 000 enfants autochtones, inuits ou métis ont été arrachés à leur famille, transportés parfois sur des milliers de kilomètres et obligés à fréquenter ces écoles religieuses. Le dernier pensionnat autochtone, près de Regina, a fermé en 1996.

Les survivants ont raconté avoir été battus, abusés sexuellement, affamés et négligés.

Selon le juge Sinclair, ces pensionnats constituaient un élément central de la politique de «génocide culturel» exercée par Ottawa à l’époque.

Les séquelles engendrées par cette politique et la maltraitance vécue dans ces institutions se font sentir encore aujourd’hui, signale M. Sinclair.

«Cette réalité se reflète dans les disparités importantes observées entre les peuples autochtones et les autres Canadiens sur le plan de l’éducation, du revenu, de la santé et de la vie sociale», note le commissaire.

La Presse Canadienne