Vos restes de table bientôt transformés en biogaz ou en fertilisant

Les organibacs arriveront à l’automne 2016

Diane Lapointe diane.lapointe@tc.tc Publié le 27 octobre 2015

À l’instar du papier, du verre et du métal, les matières organiques peuvent aussi avoir une deuxième vie.

©TC Média –Archives

ENVIRONNEMENT. Les restes de table, les pelures de pommes de terre, les os, les résidus de jardin et même des contaminants tels les couches de bébé ne prendront bientôt plus le chemin des dépotoirs. Ils seront redirigés vers la future usine de valorisation des matières organiques pour être transformés en biogaz et en fertilisant biologique.

Avec quelques semaines de retard, la construction de l’usine de biométhanisation devrait débuter sous peu. Les citoyens de 27 villes de la région devraient ainsi recevoir leur bac brun à l’automne 2016, à moins que les travaux ne soient pas terminés pour le début de 2017, tel que prévu selon le plan de match.

Le contenu des bacs à déchets noirs sera alors allégé d’au moins 70%, indique le président de la Société d’économie mixte de l’est de la couronne sud (SÉMECS) et maire de Varennes, Martin Damphousse.

Les 27 municipalités membres des MRC Marguerite-D’Youville, de la Vallée-du-Richelieu, et de Rouville acheminent, bon an mal an, 30 000 tonnes de matières dans les dépotoirs. L’usine aura une capacité de traitement de 40 000 tonnes de déchets organiques par biométhanisation, et 8000 autres par voie de compostage.

En attente de l’autorisation du ministère de l’Environnement

Le début des travaux de construction du centre de traitement intégré des matières organiques par biométhanisation et compostage accuse cependant un léger retard. Le ministère du Développement durable, de l’Environnement, de la Faune et des Parcs n’a pas encore émis le certificat d’autorisation nécessaire pour donner le feu vert au projet. « Ce n’est qu’une question de jours ou de semaines, mais la situation n’est pas problématique. Nous croyons l’obtenir au cours du mois de novembre », assure le directeur général de la MRC Marguerite-D’Youville, Sylvain Berthiaume.

L’usine sera construite au coût de 38 M$ sur un terrain situé en bordure de la route Marie-Victorin (132), juste en face de l’entreprise Éthanol GreenField, à plus d’un kilomètre de la zone résidentielle de Varennes. Le projet est financé par des subventions des gouvernements du Québec et du Canada de l’ordre de 31.2 M$, et la différence par la SÉMECS.

Formule PPP

L’usine de biométhanisation sera administrée par la SÉMECS. Cette société est détenue à 66% par les villes membres des MRC Marguerite-D’Youville, de la Vallée-du-Richelieu, et de Rouville ainsi qu’à 33% par le secteur privé, en l’occurrence par la compagnie Biogaz EG.

« C’est un projet innovateur. Nous sommes allés chercher l’expertise du secteur privé pour appuyer le monde municipal. Le conseil d’administration de la SÉMECS s’occupera de la gestion de l’usine, tandis que Biogaz EG s’occupera du volet opérationnel », explique le maire Damphousse.

« Nous sommes la deuxième société d’économie mixte au Québec à opérer une usine de valorisation des déchets organiques, après Rivière-du-Loup », ajoute M. Berthiaume.

Un seul débouché

Dès sa mise en opération, un nouveau marché énergétique vert se développera alors que le biogaz produit sera entièrement vendu à la compagnie Éthanol GreenField, située juste en face de l’usine de biométhanisation. Cette distillerie est actuellement le plus important consommateur de gaz naturel acheté dans l’ouest canadien, spécifie le maire Damphousse. « L’intérêt pour elle sera de détourner la consommation de gaz fossile pour utiliser du biogaz », ajoute M. Berthiaume.

En plus de pouvoir faire fonctionner cette usine, le maire Damphousse rêve même du jour où les villes pourront faire rouler les véhicules municipaux avec ce biogaz. « Un désir qui pourrait être réalisé à court et moyen termes », croit-il.

100 000 organibacs

Le projet d’usine de biométhanisation n’est pas de faire des profits, explique M. Berthiaume, mais bien d’atteindre les cibles gouvernementales de 100% de recyclage des matières organiques prévu pour 2020.

Pour le faire rouler, les 100 000 foyers de la région, ou les 235 000 citoyens, recevront au cours de l’automne 2016 le fameux bac brun appelé organibac, dont le contenu sera valorisé ou recyclé.

 

 

Vos restes de table bientôt transformés en biogaz ou en fertilisant

Les organibacs arriveront à l’automne 2016

Diane Lapointe diane.lapointe@tc.tc Publié le 27 octobre 2015

À l’instar du papier, du verre et du métal, les matières organiques peuvent aussi avoir une deuxième vie.

©TC Média –Archives


ENVIRONNEMENT. Les restes de table, les pelures de pommes de terre, les os, les résidus de jardin et même des contaminants tels les couches de bébé ne prendront bientôt plus le chemin des dépotoirs. Ils seront redirigés vers la future usine de valorisation des matières organiques pour être transformés en biogaz et en fertilisant biologique.

Avec quelques semaines de retard, la construction de l’usine de biométhanisation devrait débuter sous peu. Les citoyens de 27 villes de la région devraient ainsi recevoir leur bac brun à l’automne 2016, à moins que les travaux ne soient pas terminés pour le début de 2017, tel que prévu selon le plan de match.

Le contenu des bacs à déchets noirs sera alors allégé d’au moins 70%, indique le président de la Société d’économie mixte de l’est de la couronne sud (SÉMECS) et maire de Varennes, Martin Damphousse.

Les 27 municipalités membres des MRC Marguerite-D’Youville, de la Vallée-du-Richelieu, et de Rouville acheminent, bon an mal an, 30 000 tonnes de matières dans les dépotoirs. L’usine aura une capacité de traitement de 40 000 tonnes de déchets organiques par biométhanisation, et 8000 autres par voie de compostage.

En attente de l’autorisation du ministère de l’Environnement

Le début des travaux de construction du centre de traitement intégré des matières organiques par biométhanisation et compostage accuse cependant un léger retard. Le ministère du Développement durable, de l’Environnement, de la Faune et des Parcs n’a pas encore émis le certificat d’autorisation nécessaire pour donner le feu vert au projet. « Ce n’est qu’une question de jours ou de semaines, mais la situation n’est pas problématique. Nous croyons l’obtenir au cours du mois de novembre », assure le directeur général de la MRC Marguerite-D’Youville, Sylvain Berthiaume.

L’usine sera construite au coût de 38 M$ sur un terrain situé en bordure de la route Marie-Victorin (132), juste en face de l’entreprise Éthanol GreenField, à plus d’un kilomètre de la zone résidentielle de Varennes. Le projet est financé par des subventions des gouvernements du Québec et du Canada de l’ordre de 31.2 M$, et la différence par la SÉMECS.

Formule PPP

L’usine de biométhanisation sera administrée par la SÉMECS. Cette société est détenue à 66% par les villes membres des MRC Marguerite-D’Youville, de la Vallée-du-Richelieu, et de Rouville ainsi qu’à 33% par le secteur privé, en l’occurrence par la compagnie Biogaz EG.

« C’est un projet innovateur. Nous sommes allés chercher l’expertise du secteur privé pour appuyer le monde municipal. Le conseil d’administration de la SÉMECS s’occupera de la gestion de l’usine, tandis que Biogaz EG s’occupera du volet opérationnel », explique le maire Damphousse.

« Nous sommes la deuxième société d’économie mixte au Québec à opérer une usine de valorisation des déchets organiques, après Rivière-du-Loup », ajoute M. Berthiaume.

Un seul débouché

Dès sa mise en opération, un nouveau marché énergétique vert se développera alors que le biogaz produit sera entièrement vendu à la compagnie Éthanol GreenField, située juste en face de l’usine de biométhanisation. Cette distillerie est actuellement le plus important consommateur de gaz naturel acheté dans l’ouest canadien, spécifie le maire Damphousse. « L’intérêt pour elle sera de détourner la consommation de gaz fossile pour utiliser du biogaz », ajoute M. Berthiaume.

En plus de pouvoir faire fonctionner cette usine, le maire Damphousse rêve même du jour où les villes pourront faire rouler les véhicules municipaux avec ce biogaz. « Un désir qui pourrait être réalisé à court et moyen termes », croit-il.

100 000 organibacs

Le projet d’usine de biométhanisation n’est pas de faire des profits, explique M. Berthiaume, mais bien d’atteindre les cibles gouvernementales de 100% de recyclage des matières organiques prévu pour 2020.

Pour le faire rouler, les 100 000 foyers de la région, ou les 235 000 citoyens, recevront au cours de l’automne 2016 le fameux bac brun appelé organibac, dont le contenu sera valorisé ou recyclé.