Vols à répétition au centre d’entraide bénévole de Saint-Amable

Diane Lapointe diane.lapointe@tc.tc Publié le 21 mars 2016

La directrice du Centre d’entraide bénévole de Saint-Amable, Natasha Mathieu

©TC Media – Yann Canno

SOCIÉTÉ. Le centre d’entraide bénévole de Saint-Amable est victime de vols. L’organisme de charité qui vient en aide aux personnes démunies se fait régulièrement voler les dons que les gens déposent dans les conteneurs sur le terrain de l’établissement de la rue Principale.

La situation existe depuis longtemps, et c’est le 29 février dernier que  la direction du centre a finalement décidé de déposer une plainte au service de police. Deux dossiers ont été ouverts; un pour les vols et l’autre pour menace. « Un des voleurs pris sur le fait il y a près de trois mois, aurait pointé son doigt sur le sternum d’un bénévole qui venait de l’interpeller », indique le sergent Pierre Tremblay.

Voler les pauvres

Le centre opère entre autres  une boutique où il vend, à petits prix, souvent 1 $ l’unité, les vêtements et divers objets provenant des dons. L’argent ainsi récolté sert à autofinancer l’organisme qui offre plusieurs services gratuits aux personnes dans le besoin, dont l’aide alimentaire. Une cinquantaine de personnes en bénéficient chaque vendredi.

« Il y a un homme qui passait régulièrement, tôt le matin avant notre arrivée, pour fouiller dans nos dons. Il choisissait les plus belles choses et remplissait son camion. Il a été avisé et il nous a répondu que c’était à tout le monde. Il a même été agressif envers un de nos bénévoles », raconte la nouvelle directrice générale, Natasha Mathieu, qui n’en revient tout simplement pas.

Il n’est pas le seul, d’autres personnes se serviraient également allègrement dans les dons. « On dirait que c’est comme si c’était normal et que les choses qui sont dehors ne sont pas à nous. Il faut travailler à changer les mentalités », dit Mme Mathieu. Comme ils sont déposés sur un terrain privé, il s’agit de vols, confirme le sergent Pierre Tremblay.

On ne se met rien dans les poches

Le centre d’entraide déplore la situation qui dure depuis des mois, voire des années. Le 12 mars dernier, un membre du conseil d’administration du centre a même publié un post sur la page Facebook Spotted Saint-Amable pour dénoncer la situation et informer les voleurs qu’ils s’exposaient à des poursuites. Les internautes ont abondamment commenté. Certains prétendaient avoir le droit de prendre des choses car il s’agissait de dons et qu’eux-mêmes étaient pauvres, tandis que d’autres avançaient que les bénévoles du centre volaient aussi.

« On nous a accusés de nous remplir les poches les premiers des dons et de la nourriture que l’on reçoit de Moisson Rive-Sud destinée à notre service d’aide alimentaire. On travaille très fort à ramasser les dons, à les trier, et à laver les vêtements. Jamais on ne prendra quelque chose, à moins de l’acheter. On est comme victimes d’une sorte de légende urbaine. Mais ça marche droit ici, je vous le confirme », lance Mme Mathieu.

Démotivant

Cette situation joue sur le moral des bénévoles. « C’est un élément de démotivation pour la gang. Les bénévoles sont déçus d’un tel comportement, parce que ça ne respecte pas nos valeurs. On ne vole pas les pauvres », mentionne Mme Mathieu.

Il est difficile pour elle d’évaluer la valeur des vols, mais elle croit qu’ils pourraient représenter une perte de l’ordre de 25 % sur l’ensemble des dons reçus en une année.

Vols à répétition au centre d’entraide bénévole de Saint-Amable

Diane Lapointe diane.lapointe@tc.tc Publié le 21 mars 2016

La directrice du Centre d’entraide bénévole de Saint-Amable, Natasha Mathieu

©TC Media – Yann Canno


SOCIÉTÉ. Le centre d’entraide bénévole de Saint-Amable est victime de vols. L’organisme de charité qui vient en aide aux personnes démunies se fait régulièrement voler les dons que les gens déposent dans les conteneurs sur le terrain de l’établissement de la rue Principale.

La situation existe depuis longtemps, et c’est le 29 février dernier que  la direction du centre a finalement décidé de déposer une plainte au service de police. Deux dossiers ont été ouverts; un pour les vols et l’autre pour menace. « Un des voleurs pris sur le fait il y a près de trois mois, aurait pointé son doigt sur le sternum d’un bénévole qui venait de l’interpeller », indique le sergent Pierre Tremblay.

Voler les pauvres

Le centre opère entre autres  une boutique où il vend, à petits prix, souvent 1 $ l’unité, les vêtements et divers objets provenant des dons. L’argent ainsi récolté sert à autofinancer l’organisme qui offre plusieurs services gratuits aux personnes dans le besoin, dont l’aide alimentaire. Une cinquantaine de personnes en bénéficient chaque vendredi.

« Il y a un homme qui passait régulièrement, tôt le matin avant notre arrivée, pour fouiller dans nos dons. Il choisissait les plus belles choses et remplissait son camion. Il a été avisé et il nous a répondu que c’était à tout le monde. Il a même été agressif envers un de nos bénévoles », raconte la nouvelle directrice générale, Natasha Mathieu, qui n’en revient tout simplement pas.

Il n’est pas le seul, d’autres personnes se serviraient également allègrement dans les dons. « On dirait que c’est comme si c’était normal et que les choses qui sont dehors ne sont pas à nous. Il faut travailler à changer les mentalités », dit Mme Mathieu. Comme ils sont déposés sur un terrain privé, il s’agit de vols, confirme le sergent Pierre Tremblay.

On ne se met rien dans les poches

Le centre d’entraide déplore la situation qui dure depuis des mois, voire des années. Le 12 mars dernier, un membre du conseil d’administration du centre a même publié un post sur la page Facebook Spotted Saint-Amable pour dénoncer la situation et informer les voleurs qu’ils s’exposaient à des poursuites. Les internautes ont abondamment commenté. Certains prétendaient avoir le droit de prendre des choses car il s’agissait de dons et qu’eux-mêmes étaient pauvres, tandis que d’autres avançaient que les bénévoles du centre volaient aussi.

« On nous a accusés de nous remplir les poches les premiers des dons et de la nourriture que l’on reçoit de Moisson Rive-Sud destinée à notre service d’aide alimentaire. On travaille très fort à ramasser les dons, à les trier, et à laver les vêtements. Jamais on ne prendra quelque chose, à moins de l’acheter. On est comme victimes d’une sorte de légende urbaine. Mais ça marche droit ici, je vous le confirme », lance Mme Mathieu.

Démotivant

Cette situation joue sur le moral des bénévoles. « C’est un élément de démotivation pour la gang. Les bénévoles sont déçus d’un tel comportement, parce que ça ne respecte pas nos valeurs. On ne vole pas les pauvres », mentionne Mme Mathieu.

Il est difficile pour elle d’évaluer la valeur des vols, mais elle croit qu’ils pourraient représenter une perte de l’ordre de 25 % sur l’ensemble des dons reçus en une année.